Fragmentos

Te acurrucaste en mi silencio

-Version française ci-dessous.-

Siento la fuerza erótica del acto creativo cuando estoy bailando o escribiendo. La sensación de gravedad me abandona. Mi cuerpo sigue en contacto con el suelo, pero mi espíritu se desprende y por atrás de mis ojos, se va a explorar los contornos oscuros y poco accesibles de mi consciencia donde un gigante me espera.

Es el gigante de mis sentidos que duerme detrás de la vigilia de mi mirada y que en esos instantes en los que mi espíritu está suspendido como en la cima de un orgasmo, se despierta con toda su monstruosidad y su clarividencia. Entonces percibo todas esas imágenes y temas que me obsesionan como a través de un caleidoscopio y el deseo de aprehenderlos me posee como un torbellino.  Llegada a ese estado, ya no soy capaz de detenerme sino hasta que logro sacar mis fantasmas de la oscuridad y convertirlos en algo.

Si tuviera la seguridad de poder asumir mi decisión con ligereza, aceptando el vacío que pudiera dejar, olvidaría al gigante y a todo tipo de creación. Pero es como si estuviera condenada a seguir. Soy mi propio verdugo, no me lo permitiría. Hacerlo, equivaldría a aceptar que mi vida no es más que lo que es. Nada sería suficiente… la creación es para mí veneno y salvación al mismo tiempo.

Estaba adormilada y te escuché

No sabía quién hablaba

Eras tú

Tu voz sonaba como las hojas de los arboles balanceándose en el aire

Como susurros

Luego como si estuviera en medio de una tormenta

Todo daba vueltas a mi alrededor

Te acomodaste en mis tímpanos

Detrás de mi rostro

Te acurrucaste en mi silencio

Te fundiste en mí

Quisiera olvidarte

Pero siempre estas ahí

Al acecho de mis deseos

Recroquevillé dans mon silence

Quand je danse ou j’écris, je sens la force érotique de l’acte créatif. La sensation de gravité m’abandonne. Mon corps est contact avec le sol, mais mon esprit s’est décroché et, par l’arrière de mes yeux, il est allé explorer les contours obscurs et peu accessibles de ma conscience. Là, un géant m’attend.

C’est le géant de mes sens qui dort derrière la vigilance de mon regard et qui, alors que mon esprit est suspendu comme sur le sommet d’un orgasme, se réveille avec toute sa monstruosité et sa clairvoyance. A ce moment-là, je perçois toutes les images et les thèmes qui m’obsèdent comme à travers un kaléidoscope et le désir de les appréhender m’emporte comme un tourbillon. Alors, je ne suis plus capable de m’arrêter si ce n’est pour sortir de l’obscurité ces obsessions et les transformer en quelque chose.

Si je pouvais assumer ma décision avec légèreté, en acceptant le vide qu’elle pourrait laisser, j’oublierais le géant et toute forme de création. Mais, c’est comme si j’étais condamnée à poursuivre. Je suis mon propre bourreau, je ne m’autoriserais pas à arrêter. Cela équivaudrait à accepter que la vie n’soit que ce qu’elle est (que ce qu’elle semble être). Rien ne me suffirait… la création, c’est pour moi un venin et un salut à la fois.

Je somnolais et je t’ai entendu

Je ne savais pas qui parlait

C’était toi

Ta voix sonnait comme les feuilles des arbres en se balançant dans l’air

Comme des chuchotements

Puis comme si j’étais au milieu d’une tempête

Tout voltigeait autour de moi

Tu t’es installé dans mes tympans

Derrière mon visage

Tu t’es recroquevillé dans mon silence

Tu t’es fondu en moi

Je voudrais t’oublier

Mais tu es toujours là

Aux aguets de mes désirs.

 

Revue de la traduction Dieter Poleyn et Aude Lafait

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